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Possession démoniaque

Le film

La possession démoniaque est connue et racontée depuis la nuit des temps. Dans toutes les religions du monde, on parle d’esprits maléfiques qui tyrannisent des humains et les poussent à commettre des actes contre leur volonté. De nos jours, encore beaucoup de personnes sont envahies ou persécutées par un démon. D’ailleurs, de nombreux médiums et autres charlatans peu scrupuleux n’hésitent pas à se faire de l’argent sur ces pauvres victimes. Est-ce que la possession démoniaque existe réellement ou relève-t-elle simplement de la psychiatrie ?

Qu’est-ce que la possession démoniaque

La possession démoniaque est le phénomène par lequel un démon envahit notre corps et notre esprit afin d’en prendre le contrôle. L’exorcisme est la pratique qui vise à expulser le démon hors du corps de la victime et à la libérer de l’emprise démoniaque. Attention toutefois, un démon eut envahir notre corps, mais pas notre âme. Pour cela, il lui faut notre consentement, soit il lui faut signer un pacte. Trois étapes précèdent la possession démoniaque :

L’infestation : le démon se manifeste en créant un phénomène de hantise. C’est ainsi que l’on croie qu’une habitation est hantée, alors que le démon vise une ou plusieurs personnes.

L’obsession : le démon va insuffler des idées démoniaques à sa victime. Ses idées vont tourner à l’obsession. La victime se referme, s’isole de ses proches. Lors de cette phase, le démon peut aussi se matérialiser et brutaliser sa victime.

La vexation : le démon va se manifester de plus en plus et toucher le psychique de sa victime. La victime va entendre des voix, va voir des silhouettes se matérialiser devant elle. Parfois, elle peut entrer en crise, se faire du mal ou faire du mal à ses proches.

La possession démoniaque : c’est le stade ultime. Le démon a pris le contrôle du corps de sa victime.

Les victimes du démon sont nombreuses et la plupart ne le savent même pas. Certains subissent des souffrances physiques qui sont d’ordre démoniaque et qui ne peuvent être soulagées par la médecine. Elles sont au stade de l’infestation, de l’obsession ou de la vexation démoniaque.

Pour posséder un être humain, le démon doit l’affaiblir, c’est-à-dire qu’il doit s’attaquer à lui. La plupart du temps, il se montre à lui, lui fait sévir des sévices, grogne ou parle à côté de lui, tape dans les murs…

Les symptômes de la personne possédée sont :

  • Des phénomènes de Poltergeist, c’est-à-dire que des bruits de coups sont audibles par d’autres personnes.
  • Des phénomènes de télékinésie : des déplacements d’objets.
  • Une glossolalie : la victime est capable de parler une langue étrangère, souvent une langue morte comme le latin, inconnue d’elle.
  • Une psychokinèse : la victime fait preuve d’une force physique anormale.
  • Des phénomènes de voyance : la victime arrive à prédire l’avenir et parvient à révéler des secrets cachés. Attention, Satan ou le démon n’a pas le pouvoir de la connaissance du futur, mais par sa nature angélique, il peut avoir une connaissance conjoncturelle beaucoup plus grande que la nôtre. Le démon peut lire nos émotions et ressentir nos peurs.
  • Des phénomènes de lévitation : la victime arrive à léviter dans les airs ou à grimper aux murs.
  • Et le plus important, la victime ressent une aversion totale envers tous les objets religieux et l’eau bénite. Elle se met à blasphémer et à crier des injures, surtout envers le Christ ou la Vierge Marie.

La personne possédée parle seule et présente des zones d’anesthésies sur le corps, ce qui peut aussi faire penser à un début de lèpre.

Parfois, une victime ne présente aucun de ces symptômes, tout simplement parce que le démon, en grand menteur qu’il est, se cache. Un démon ne veut pas être découvert. Ces symptômes n’apparaissent que lors d’un exorcisme, car l’exorcisme va le forcer à se montrer. Le Rituel joue ainsi un rôle de diagnostic.

C’est pourquoi les possédés ont souvent des comportements normaux. Beaucoup d’entre eux ont une vie normale et continuent de travailler. Ils gèrent les crises plus ou moins bien. Car la possession démoniaque se fait sous forme de crises où la victime entre dans une espèce de transe, se contorsionne, vocifère, hurle… puis se calme et reprend le contrôle de son corps. Après une crise, en général, elle ne se souvient de rien. Eh oui, on est loin de la petite Regan dans le film l’Exorciste de William Friedkin qui vomissait des jets verdâtres ou qui tournait sa tête à 360°.

Ces crises sont très douloureuses. Le démon peut aussi insuffler des idées suicidaires à sa victime ou la pousser au meurtre. Il peut aussi lui faire subir toutes sortes de maux physiques qui ne pourront être soulagés par la médecine. Enfin, il peut détruire tout ce que sa victime construit et lui faire subir des échecs à répétition. Ainsi, la victime est incapable de garder un travail à long terme, est incapable de réussir des examens, est incapable de construire une relation durable, est incapable d’être heureuse.

Le démon isolera sa victime, fera fuir ses proches, l’emportera dans la désolation. Parfois, la victime peut s’adresser à un médecin. Elle sera diagnostiquée schizophrène ou dépressive. Prendra des médicaments, suivra un traitement, sans obtenir ne serait-ce qu’un minime soulagement.

Dans notre monde où l’on ne croit plus en rien, où l’athéisme est enseigné en masse, il est très difficile d’aider et de soulager les victimes de Satan. Les exorcistes les envoient voir un psychiatre ou pire, un sorcier marabout. L’entourage de la victime y voit une folie et est incapable de l’aider. La personne est ainsi seule devant ses souffrances.

La possession démoniaque et la religion

Comme je le disais plus haut, dans toutes les religions et cultures on parle de démons, de présences malfaisantes, d’esprits malins doués de raison, d’entités qui cherchent à tenter les hommes et à les affaiblir. On retrouve des rituels d’exorcisme dans le chamanisme caucasien, dans les rituels africains ou encore dans les pratiques vaudoues. Dans l’Islam, on ne parle pas de démon ou de Satan, mais de djinns qui viennent tourmenter les musulmans. Dans la culture japonaise, on parle de Yasha et chez les hindous on préfère le terme de Souras, Dévas, Asouras, Daityas ou encore Dâvanas.

Dans la religion chrétienne, le terme de démon prend le sens d’ange déchu.

La possession démoniaque et l’Église

Tout d’abord, il faut dire que l’Église affirme l’existence des démons et leur capacité à tourmenter et à posséder les hommes ainsi que des objets. Et cela pour une raison très simple. Satan était un ange puissant qui s’est révolté contre Dieu et qui a été renvoyé du Paradis. Mais il n’a de cesse de se venger de Dieu. Et pour cela, il veut attirer les hommes, la créature préférée de Dieu, dans son monde de désolation et de souffrance. D’ailleurs dans le « Notre-Père », nous notons la phrase : « Dieu, délivre-nous du Mal », le Mal représente Satan, celui qui s’est opposé à lui. Celle prière fut donnée par le Christ, dont l’invocation du nom fait fuir les démons. Satan hait l’homme et considère la race humaine comme une race bien inférieure à lui qui possède une nature angélique. Habituellement, Dieu ne consent pas à ce qu’un démon prenne possession d’un humain. Mais il arrive que Satan, à force de persévérance et de tentations, arrive à affaiblir l’âme de sa victime et le force ainsi à se détourner de Dieu. Alors, Satan peut le posséder.

La religion catholique distingue quatre formes principales de possession démoniaque :

  • La victime est en état de grâce et consent à la possession. C’est un cas très rare, mais qui a déjà existé. Dieu consent à la présence d’un démon dans le corps d’une victime afin que celle-ci puisse affermir son désir d’aimer Dieu et renoncer au péché. En général, il s’agit d’une personne très pieuse. Au XIXe siècle, le père Surin a été victime de cette forme de possession alors qu’il réalisait un exorcisme. Il arrive, aussi, que le démon s’en prenne avec acharnement à des personnes très pieuses à cause du bien qu’ils répandent autour d’eaux. Cela a été le cas pour le saint curé d’Ars, le Padre Pio ou encore le pape Jean-Paul II. Ces derniers avaient l’habitude de se battre physiquement contre les démons durant des nuits entières. D’une manière générale, Satan déteste ceux qui évangélisent et qui font du bien autour d’eux. Il essayera toujours de les faire dévier du bon chemin.
  • La victime est en état de grâce et ne consent pas à la possession. C’est le cas le plus courant. Le démon va s’attaquer à une personne très pieuse pour atteindre plus facilement Dieu. Cela peut aussi se produire lors de la cérémonie du baptême par négligence ou présomption.
  • La victime n’est pas en état de grâce et ne consent pas à la possession. C’est le cas d’une possession démoniaque sur une victime qui ne croit pas en Dieu et qui s’est enraciné dans le péché. C’est une proie facile pour le démon qui va prendre le contrôle de son âme et le forcer à commettre des actes violents et de graves péchés. En général, la victime sombre dans la schizophrénie ou la dépression et finit par se suicider. C’est une manière pour Satan de recruter des âmes pour parfaire son armée.
  • La victime n’est pas en état de grâce et consent à la possession. Ici, il s’agit d’un pacte réalisé avec le démon. Le possédé devient son complice et reçoit des dons obscurs. En échange, il répand le mal autour de lui. Toutefois, le démon ne devient pas ami avec celui qui pactise avec lui, contrairement à ce que veulent nous faire croire certains sorciers. Le démon ne connaît pas l’amitié et n’a que des victimes. Il utilisera le pactisé jusqu’à le faire sombrer dans la folie, car pour lui, la race humaine est une race largement inférieure à sa nature angélique et qu’il méprise par-dessus tout, car est la préférée de Dieu.

Donc, pour l’Église, Satan s’attaque à tout le monde. Tout le monde subit ses tentations.  Les pécheurs et les athées sont des proies faciles pour le démon, car peut facilement posséder une victime qui doute, qui commet des actes atroces et le forcer à continuer dans cette direction.

La psychiatrie et la possession

Une crise de possession est semblable à une crise d’hystérie au sens de Charcot ou à des phénomènes de spasmophilie, de transe ou encore à des phénomènes de rebirth (méthode de développement personnel qui consiste à modifier la perception de son corps et de ses émotions par des exercices de respiration).

Par exemple, on sait maintenant que la lèpre peut engendrer des zones d’anesthésie sur certaines parties du corps. Avant les malades qui souffraient de lèpre étaient considérés comme possédés.

On trouve les mêmes symptômes qu’une personne possédée chez ceux souffrant de mélancolie, de schizophrénie d’encéphalite, d’intoxication… En effet, ces personnes parlent souvent seules, leur voix change ou encore peuvent se contorsionner. Certaines drogues ou la consommation d’alcool peuvent pousser certains sujets à se croire possédés par un démon.

Dans le syndrome de personnalité multiple, le malade peut passer très rapidement d’une personnalité à l’autre. Les personnalités s’opposent, ne parlent pas de la même façon, n’ont pas les mêmes idées, ont des QI différents. Et lorsque l’état du patient devient critique, une personnalité peut le pousser à l’automutilation, à commettre des actes d’agression, à le pousser à la toxicologie ou encore au suicide. De même, la schizophrénie, qui est une maladie mentale dans laquelle le patient perçoit une réalité différente, peut aussi aboutir au sentiment d’être possédé. Le patient est victime d’hallucinations auditives, olfactives ou visuelles et peut se mettre à délirer, à commettre des actes de violence envers les autres et envers lui… Certains malades mentaux développent même une force surhumaine.

C’est pourquoi il est très difficile de dissocier la possession démoniaque d’une maladie mentale. Seul l’exorcisme peut ôter le doute.

L’exorcisme du pape Jean Paul II

Pour montrer que la possession démoniaque est une réalité, voici une histoire qui n’est pas banale.

Cette histoire met en scène le pape Jean Paul II et une pauvre jeune femme de 22 ans. Celle-ci a été racontée par le photographe personnel du pape. En fait, alors que Saint-Père était sur sa « papamobile », il entendit les cris d’une jeune fille. Il fit arrêter la voiture et se rapprocha de celle qui hurlait. Cette dernière était maintenue par six hommes tant sa force était incroyable. Elle vociférait, se contorsionnait, hurlait, blasphémait…  Lorsque la jeune fille vit le Saint-Père, elle se mit à hurler de plus belle et le pape se mit à prier. Le visage de la jeune femme n’avait plus rien d’humain. Le Saint-Père s’est approché d’elle, a fait le signe de croix et a prié en latin, ce qui n’a fait qu’augmenter les contorsions et les cris de la jeune femme qui l’injuria dans une langue étrangère.  Mais plus le pape priait, plus elle se calmait. Ses cris devenaient des lamentations. Alors le Saint-Père a apposé ses mains sur sa tête et un grand cri se fit entendre. Puis il la bénit. La jeune femme s’affaissa, devint toute molle puis releva la tête et regarda le Saint-Père. Son visage était redevenu normal. Jean-Paul II la bénit une dernière fois avant de remonter dans sa voiture. La jeune femme était délivrée du Mal. Ce qui frappa le plus la foule était l’humilité du pape  et sa simplicité. Il venait de libérer une jeune femme.

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